Mission laïque française (MLF)

La Mission laïque française est une association loi 1901 à but non lucratif et reconnue d’intérêt public. Implantée dans 36 pays, elle compte 110 établissements et scolarise près de 60 000 élèves, dont près des trois quarts sont de nationalité étrangère.

Il existe quatre types d’établissements :

  • le réseau des EPR, établissements en pleine responsabilité de la MLF ;
  • le réseau OSUI (Office scolaire et universitaire international), qui regroupe en fait les EPR du Maroc ;
  • les écoles d’entreprise ;
  • les établissements "partenaires" de la MLF, dont les écoles de l’AFLEC (voir plus bas).

Les contrats ainsi que les conditions de rémunération et de travail varient sensiblement selon le type d’établissement. Les établissements de la MLF n’appliquent pas complètement, ou de manière très élastique, les textes du MEN comme par exemple les obligations réglementaires de service, les indemnités, les pondérations, les droits à absences... La logique de la MLF avec ses personnels est celle d’une entreprise privée pratiquant l’ubérisation de l’enseignement. Il convient d’être très vigilant sur les conditions financières, en demandant la fiche financière du poste avant d’accepter une offre. Les coûts des cotisations retraite (10% du salaire indiciaire France), de la Caisse des Français de l’étranger pour la Sécurité sociale et d’une mutuelle complémentaire (CFE, MGEN...) sont à prendre en compte...
Quant au recrutement des détachés, il ne fait l’objet d’un examen en Commission consultative paritaire (CCP) que pour les trois premiers types d’établissements.

Les syndicats de la FSU (SNES et SNUipp) détiennent 3 sièges sur 4 à la Commission consultative paritaire de la MLF au terme des élections professionnelles de 2019 avec 50% des suffrages exprimés.

Nature et durée des contrats


- Les collègues détachés auprès d’un EPR (y compris OSUI) sont régis par le "Statut commun des détachés" de la MLF, qui offre certaines garanties et reconnaît certains droits. Le SNES-FSU a obtenu quelques avancées en 2018 (voir cet article), par exemple sur le service des agrégés. Leur contrat, de droit privé local (sauf au Maroc où il est de droit privé français), est de 3 ans, renouvelable deux fois selon le Statut commun, mais le bornage à 6 ans de la durée de détachement imposé par le MEN à partir de 2019 limitera de facto à un seul renouvellement. Le renouvellement du contrat ou la demande de renouvellement du détachement sont parfois instrumentalisés par la MLF pour se débarrasser de collègues. Le dialogue social et le respect des droits des personnels font parfois défaut, selon les foucades et dérives autoritaristes de tel ou tel chef d’établissement.


- En école d’entreprise, le contrat, de droit privé français, est en général d’un an, renouvelable tacitement jusqu’à 3 ans ; au-delà, des prolongations annuelles peuvent être accordées (sur avis de la CCP), dans la limite de 6 ans d’exercice sur le poste. Cependant, dans certains pays (Écosse, Finlande, Norvège), la durée du contrat n’excède pas 2 ans, les collègues y étant soumis à une imposition exorbitante à partir de la 3ème année. Les collègues en école d’entreprise perçoivent une indemnité d’expatriation, mais les obligations énumérées dans les contrats s’étendent bien au-delà des obligations de service en vigueur à l’Éducation nationale, et la pression de la hiérarchie ou des parents peut y être forte.


- Dans les établissements "partenaires" de la MLF, les contrats sont d’un an (aux États-Unis, 2 ans pour des raisons de visa de travail et d’imposition). De droit privé local, ils ne sont pas soumis au respect du "Statut commun des détachés" de la MLF et peuvent donc réserver de mauvaises surprises : obligations de service bien supérieures à la France, obligations de surveillance des récréations ou de participation à des événements de l’établissement, non paiement des heures supplémentaires ou des pondérations, protection sociale minimale voire nulle... Le droit syndical n’existe pas, les dérives autoritaristes sont fréquentes. Aussi, le SNES-FSU déconseille de postuler dans ce type d’établissement, les échos qui en proviennent sont souvent très négatifs.


- L’AFLEC (Association franco-libanaise pour l’éducation et la culture) est une association loi 1901 qui regroupe un réseau d’écoles au Liban et aux Émirats Arabes Unis. Ces écoles font partie du réseau des "établissements partenaires" de la MLF. Le recrutement y est peu transparent et ne fait pas l’objet d’un examen en CCP. Les contrats sont de droit privé local et l’expérience montre qu’ils peuvent comporter certaines dispositions inacceptables (obligations de service bien supérieures à la France, obligations de surveillance des récréations ou de participation à des événements de l’établissement, non paiement des heures supplémentaires ou des pondérations..). De plus, les droits, notamment syndicaux, ne sont pas respectés. Le SNES-FSU déconseille de postuler dans ces établissements.

La polyvalence est souvent de mise à la MLF, surtout dans des structures à faibles effectifs. Par exemple, un certifié de lettres peut être recruté afin d’enseigner les lettres, l’histoire-géographie et la philosophie ! De plus, la hiérarchie et les parents des écoles d’entreprise peuvent être parfois très exigeants et intrusifs.

La MLF, dans le discours, se veut à la pointe de l’humanisme et du respect des droits républicains, mais dans les faits s’en écarte souvent. L’action syndicale s’impose, et le SNES-FSU intervient régulièrement auprès de la Direction générale de la MLF pour que la transparence soit respectée dans les recrutements, la gestion des personnels, les conditions de rémunération, les contrats.

Recrutement

La procédure de recrutement à la MLF fait l’objet d’une note de service publiée chaque année au BO fin août. Les candidatures sont à saisir à partir d’octobre sur le site de la MLF, généralement avant janvier (pour la rentrée de septembre suivant). Attention, le site présente ensemble :
- les postes de détachés et les postes en recrutement local en disponibilité (sans détachement)
- les offres dans les établissements gérés par la MLF (EPR et OSUI), quelque peu cadrés, et les offres -les plus nombreuses- des établissements partenaires, qui sont complètement indépendants et où le statut commun des détachés ne s’applique pas.
Donc soyez vigilants et n’hésitez pas à nous interroger.

Dans les établissements partenaires  : le processus est complètement décentralisé, les chefs d’établissement "font leur marché" parmi les candidatures, mènent des entretiens, sélectionnent et recrutent.

Pour les établissements de la MLF (EPR, OSUI et écoles d’entreprises uniquement) : la sélection des candidats en entretien, et in fine la signature du contrat, est effectuée par le siège de la MLF.

Le recrutement se fait en deux étapes :
- étude du dossier par le chef d’établissement et sélection en entretien
- puis entretien avec le chef d’établissement, pour les candidats sélectionnés.

Depuis la campagne 2019, la MLF a mis en place des modalités de recrutement de plus en plus opaques. Jusque là, la sélection en entretien répondait à un barème de sélection. Avant 2019 il était fondé pour moitié sur l’ancienneté, et pour moitié sur les notes administratives et pédagogiques. Depuis, la part de l’ancienneté est réduite à 30%, et pour les 70% restants la MLF s’inspire des méthodes de recrutement du privé et fait "du matching" ! Les points sont accordés en fonction de la correspondance entre les compétences déclarées par les candidats et les "critères" attendus pour chaque poste. Chaque chef d’établissement définit, dans l’offre de poste, jusqu’à 5 critères parmi un choix de... 30 ! Exemples de critères : niveau de langue, FLE, certifications, expérience des TPE (sic)... Plus le nombre de critères déclarés par le candidat et correspondant au poste est élevé, plus le barème est élevé. Cela implique que le barème de chaque candidat varie selon le profilage de chaque poste. Les syndicats de la FSU dénoncent ce recrutement par profilage des postes.

Mais depuis la campagne 2021, la MLF ne respecte plus le barème de sélection en entretien. Des candidats avec un barème bas, donc ne répondant à aucun critère, sont parfois sélectionnés. Le rang du voeu, que la MLF interprète comme un signe de motivation pour tel ou tel poste, est souvent pris en compte : les candidats à barème élevé (donc répondant aux critères) sont régulièrement écartés au prétexte que leur voeu est lointain, notion du reste relative : à partir de quel rang un voeu témoigne-t-il d’une moindre motivation, sachant en plus que tous les voeux (établissements partenaires et MLF) sont pris en compte ?

De plus, depuis la campagne 2021, certains chefs d’établissement contactent les candidats avant la CCP qui est supposée déterminer les candidats sélectionnés en entretien ! La FSU dénonce ce détournement de la procédure, qui méprise le rôle de la CCP et introduit de l’incertitude voire des malentendus pour les candidats.

Lors de commissions paritaires de 2021 (voir nos comptes rendus ici et ), la MLF a refusé nos demandes de respect du barème et de la procédure. Elle rend par là même les modalités de recrutement illisibles, confuses, imprévisibles, et empêche les commissaires paritaires de pouvoir rendre compte aux candidat·e·s des raisons de leur sélection ou non sélection. Désormais c’est assumé : la règle à la MLF, c’est l’absence de règles : les critères seront pris en compte… ou pas. Un entretien aura lieu avant la CCP... ou pas.

Syndiqué·e·s, pensez à nous envoyer la fiche syndicale de suivi afin que nous puissions suivre votre candidature lors de la commission paritaire et vous infomer de votre classement dès son issue. Pour la campagne 2022, la commission se tient le 3 février 2022.

Pour consulter le site de la MLF :

MLF


Documents joints

fiche syndicale mlf rentrée 2021

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