L’école inclusive est aujourd’hui une priorité affichée par l’AEFE. Le SNES-HDF partage pleinement cet objectif, l’éducation pour tous et toutes est un droit fondamental. L’accueil des élèves à besoins éducatifs particuliers doit être garanti partout dans le réseau, mais les ambitions affichées ne pourront se concrétiser sans moyens humains, formation et accompagnement.
À l’étranger, les familles sont souvent confrontées à des situations particulièrement complexes. L’expatriation s’accompagne parfois d’un éloignement des structures de soins, de l’absence d’orthophonistes, de psychologues, de psychomotriciens ou encore de structures spécialisées. Les barrières linguistiques et les différences entre les législations locales et le système éducatif français rendent les parcours encore plus difficiles. Dans certains pays, l’absence de structures adaptées ou d’équipes médico-sociales renforce encore les difficultés rencontrées par les familles.
Sur le terrain, les personnels font face à un sentiment d’impuissance. Ils sont confrontés à une grande diversité de situations sans toujours disposer des outils et des formations nécessaires. Le SNES-HDF rappelle que l’école inclusive ne peut reposer sur la seule bonne volonté des équipes.
Pour répondre aux besoins des élèves et des familles, le développement de l’école inclusive dans le réseau doit s’appuyer sur plusieurs priorités :
– une véritable formation initiale et continue des personnels sur les besoins éducatifs particuliers
– la création d’un cadre clair pour les AESH dans les EGD et les établissements conventionnés, avec des emplois identifiés et reconnus
– la mise en place de pôles inclusifs dans les établissements, associant enseignants spécialisés, psychologues et personnels ressources
– le développement d’un réseau d’aide spécialisé comparable aux RASED existant en France, avec des postes d’enseignants spécialisés et de psychologues scolaires détachés
– la création de postes de psychologues scolaires, détachés ou recrutés localement, avec un lien institutionnel clairement identifié avec l’Éducation nationale et l’AEFE
– la présence, a minima, d’un psychologue dans tous les établissements de plus de 500 élèves
– le déploiement de référents inclusion à l’échelle des zones afin d’accompagner les équipes et les familles
– la création, au siège de l’AEFE, d’un poste dédié au pilotage de la politique de l’école inclusive, afin d’assurer la cohérence et le suivi des dispositifs dans l’ensemble du réseau
– un accompagnement renforcé des familles, particulièrement fragilisées par l’éloignement et le manque de ressources locales
Le SNES-HDF salue les avancées engagées par l’AEFE et le travail mené depuis ces 10 années autour de l’Observatoire des élèves à besoins éducatifs particuliers. Mais l’inclusion ne peut rester une ambition ou un affichage. Elle nécessite une politique volontariste et des moyens pérennes à la hauteur des besoins.
Construire une école réellement inclusive dans les établissements français à l’étranger, c’est permettre à chaque élève de trouver sa place et garantir aux personnels les moyens d’exercer leurs missions. C’est une priorité que le SNES-HDF continuera à porter dans toutes les instances.

