
L’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE), pilier essentiel du rayonnement éducatif et culturel de la France à l’étranger, traverse une crise profonde. Les discours institutionnels sur l’ « excellence » cachent une réalité amère : coupes budgétaires, précarisation des personnels, marchandisation de l’éducation, sur fond d’abandon progressif des missions de service public.
Depuis 2017, l’AEFE a subi une saignée budgétaire sans précédent. L’annulation de crédits de 33 millions d’euros ont laissé des traces : suppressions de postes, dégradation des conditions de travail, augmentation des frais de scolarité pour les familles. Personnels détachés ou en recrutement local, personnels d’encadrement, administratifs, de service : toutes et tous subissent cette politique néfaste qui nuit grandement à la bonne conduite de leur métier. Ils et elles subissent la double peine : les pertes de repères professionnels et l’abandon de la part de leur tutelle. Sans parler des casse- têtes absurdes imposés par l’éducation nationale comme le bornage des détachements à 6 ans.
Pendant ce temps, et en marge des discours sur le rayonnement et l’accessibilité, les logiques de marché s’installent partout, orchestrées qu’elles sont par l’opérateur public, sur commande présidentielle. Les établissements en gestion directe n’ont plus les moyens de leurs ambitions. Les conventionnés sont étranglés budgétairement. Ce réseau historique peut donc laisser le champ libre aux établissements partenaires livrés aux intérêts privés, provoquant la hausse continue des frais de scolarité et excluant chaque année davantage de familles. La mission de service public est vidée de sa substance et l’État abandonne sa responsabilité pour faire place à des logiques commerciales qui n’ont rien à voir avec l’idéal républicain d’une école pour tous, ou du rêve d’unification d’un réseau qui sous tendait la création de l’opérateur public en 1990.
Sur le terrain, la communauté éducative tient bon grâce à l’engagement de ses personnels. Ce n’est pas le modèle économique de l’AEFE qui garantit cette réussite : ce sont ses agents, toutes catégories confondues, celles et ceux que le SNES-FSU, avec les syndicats de la FSU, défendent au quotidien. Notre force est avant tout notre nombre. Pour peser sur l’ensemble des dossiers et redorer le blason des missions de service public d’éducation tout en disant non aux politiques actuelles de l’Agence, rejoignez le SNES-FSU dès la rentrée, syndiquez-vous et resyndiquez-vous !
Excellente rentrée à toutes et tous !