Déclaration FSU – CNA du 12 mai 2026
La FSU saisit l’occasion donnée par cette commission nationale pour aborder certains points d’actualité qui impactent nos professions et rendent notre métier de moins en moins attractif : dévalorisation salariale, conditions de travail dégradées, perte de sens du métier débouchant sur une crise de recrutement s’amplifiant chaque année.
Alors que l’inflation repart à la hausse, que les prix des carburants et énergies explosent, la FSU tient à rappeler que les urgences des agentes de l’Éducation nationale ne peuvent être mises sous le tapis. Il n’est pas question d’enjamber l’année 2026 sans traiter l’urgence salariale par des mesures significatives de revalorisation. Nos métiers ont subi de fortes dévalorisations au fil du temps, du fait du quasi blocage depuis 2010 de la valeur du point d’indice, clef de voûte des rémunérations dans la fonction publique, de la crise inflationniste des années 2023/24, de celle que nous vivons actuellement, et de l’absence de mesures de valorisation ciblées. Cet ensemble de dégradations, continues et amplifiées, transforme de plus en plus de collègues en travailleurs pauvres, particulièrement pour les salariés des catégories modestes, présents essentiellement dans la filière administrative. La FSU rappelle ses exigences : le dégel du point d’indice, l’augmentation de l’ISSR (remplacement), des frais de déplacement , le plafonnement des prix du carburant de manière temporaire à l’heure où Total annonce des bénéfices records de 5,4 milliards d’euros au premier trimestre grâce à l’augmentation du prix du baril provoquée par la guerre au Moyen-Orient, et le début de négociations sur les salaires et les carrières.
Nous saisissons l’occasion donnée par cette CNA ainsi que la présence de responsables de la DGRH pour dénoncer la politique désastreuse de l’État vis à vis de l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger et à nouveau la politique du MEN relative au bornage des détachements impliquant une mobilité forcée pour tous les personnels détachés à l’étranger.
Le désengagement financier de l’État organisé méticuleusement depuis des années asphyxie l’Agence. Les mesures actées ces dernières années, baisse de la subvention, prise en charge du CAS pension (Compte d’Affectation Spécial = 1/3 du budget de l’AEFE !) par le budget de l’Agence et transféré à la charge des établissements conventionnés …, mesures dictées par le dogme de l’austérité entraînent des conséquences désastreuses : suppressions de postes de détachées , gels de salaires des personnels de droit local, refus de payer les primes statutaires, hausse des frais d’écolage… . Les effets sont catastrophiques et se font déjà sentir : risque de déconventionnements massifs, baisse de l’offre pédagogique, attractivité mise à mal face à la concurrence, incertitude pour les familles sur l’avenir de leur établissement, etc. Tout cela déstabilise et détruit le réseau.
A cela s’ajoute la politique du MEN relative au bornage des détachements, politique que nous combattons depuis l’instauration dudit bornage en 2019. Nous n’allons pas revenir sur tous les effets néfastes autant pour les personnels que pour les établissements que nous avons dénoncés dans diverses instances mais allons donner quelques données chiffrées allant à l’encontre de la réponse politique du MEN qui justifie ce choix par la mise en avant d’une mobilité accrue avec une soit-disant augmentation du turn-over des personnels en poste à l’étranger et une volonté de rendre attractive la carrière d’enseignant avec une expérience à l’étranger.
Or, les différents rapports sociaux uniques de l’AEFE décrivent une tout autre situation. Dans le rapport social unique 2022 (RSU) de l’AEFE, la durée moyenne de résidence en poste augmente et passe de 6,4 à 9,4 ans ! Le RSU de 2023 montre qu’on est à 13 ans. Le RSU 2024 montre que cela augmente encore : 14.7 ans ! La politique très restrictive du MENJ sur les détachements produit donc de l’immobilité.
Concernant l’instance qui nous réunit ce jour, la FSU souhaite aborder plusieurs sujets relatifs au fonctionnement du lycée Comte de Foix et de ses annexes.
Bien que nous dénoncions chaque année les difficultés croissantes de remplacement des personnels, aucune mesure pour trouver une solution n’a été mise en place. Ce sont ainsi des enseignants de philosophie, anglais, CPE qui ne sont pas remplacés durant plusieurs mois ou à défaut par un enseignant d’une autre discipline. Par ailleurs, certaines classes sont surchargées avec des emplois du temps aberrants (fin des cours à 18h30 y compris le mercredi après-midi) La FSU demande la transformation d’HSA en postes et, de façon urgente, la mise à disposition de TZR dans les disciplines impactées.
Enfin les travaux non effectués ou à la marge portent préjudice aux élèves. Toilettes défectueuses ou en manque ce qui génère de nombreux problèmes notamment lors des récréations. Rappelons que le lycée de Comte de Foix comporte 1600 élèves (lycée + lycée pro + collège avec 10 classes par niveau !).
Concernant les postes à pourvoir au lycée Comte du Foix, l’analyse des documents transmis par la DGRH montre une baisse significative du nombre de candidatures pour le second degré, soit un peu plus d’une quarantaine. 10 postes vacants (enseignement, CPE, PsyEN EDO ) sont à pourvoir mais le poste psy-EN EDO ne sera pas encore pourvu, faute de candidat, à l’instar de l’an dernier. De même, parmi les disciplines à pourvoir l’on note un vivier très restreint (un à 3 candidats) et l’un des deux postes vacants en « économie gestion commerce vente » ne sera pas pourvu étant donné l’unique candidature figurant dans les documents de travail. Nous ne pouvons que réitérer notre remarque de l’an dernier à savoir que la date tardive de cette commission, après les mouvements interacadémiques, en écoles européennes et la campagne des détachements, s’avère préjudiciable à ce recrutement comme le manque d’attractivité de cette destination à mettre en lien avec l’inflation et la forte hausse des loyers ces dernières années.
Bilan du mouvement pour le second degré
10 postes étaient à pourvoir dans le second degré : anglais (1), CPE (1), éco-gestion option commerce et vente (un poste non pourvu sur les deux postes de PLP), histoire-géographie (2), lettres modernes (1), technologie (1), portugais (1), PsyEN EDO (non pourvu). Un poste supplémentaire en éco-gestion option administration (PLP) découvert tardivement sera proposé à enseignant certifié (éco gestion comptabilité finance) faute de candidat.

