Mission laïque française (MLF)

La Mission laïque française est une association loi 1901 à but non lucratif et reconnue d’intérêt public. Implantée dans 38 pays, elle compte 109 établissements et scolarise près de 60 000 élèves, dont près des trois quarts sont de nationalité étrangère.

Il existe quatre types d’établissements :

  • le réseau des EPR, établissements en pleine responsabilité de la MLF ;
  • le réseau OSUI (Office scolaire et universitaire international), qui regroupe en fait les EPR du Maroc ;
  • les écoles d’entreprise ;
  • les établissements "partenaires" de la MLF, dont les écoles de l’AFLEC (voir plus bas).

Les contrats ainsi que les conditions de rémunération et de travail varient sensiblement selon le type d’établissement. Les établissements de la MLF n’appliquent pas complètement, ou de manière très élastique, les textes du MEN comme par exemple les obligations réglementaires de service (indemnités pour mission particulière ou pondération dans les classes à examens...). Quant au recrutement des détachés, il ne fait l’objet d’un examen en Commission consultative paritaire (CCP) que pour les trois premiers types d’établissements.

Les syndicats de la FSU (SNES et SNUipp) détiennent 3 sièges sur 4 à la Commission consultative paritaire de la MLF depuis les élections professionnelles de 2015, résultat confirmé aux élections de 2019 avec 50% des suffrages exprimés.

Nature et durée des contrats

- Les collègues détachés auprès d’un EPR (y compris OSUI) sont régis par le "Statut commun des détachés" de la MLF, qui a le mérite d’offrir certaines garanties et de reconnaître certains droits. Le SNES-FSU a obtenu quelques avancées en 2018 (voir cet article), par exemple sur le service des agrégés. Leur contrat, de droit privé local (sauf au Maroc où il est de droit privé français), est de 3 ans, renouvelable deux fois selon le Statut commun (mais le bornage à 6 ans de la durée de détachement imposé par le MEN à partir de 2019 limitera de facto à un seul renouvellement). Le renouvellement du contrat ou la demande de renouvellement du détachement sont parfois instrumentalisés par la MLF pour se débarrasser de collègues. Le dialogue social et le respect des droits des personnels font parfois défaut, selon les foucades et dérives autoritaristes de tel ou tel chef d’établissement.
- En école d’entreprise, le contrat, de droit privé français, est en général d’un an, renouvelable tacitement jusqu’à 3 ans ; au-delà, des prolongations annuelles peuvent être accordées (sur avis de la CCP), dans la limite de 6 ans d’exercice sur le poste. Cependant, dans certains pays (Écosse, Finlande, Norvège), la durée du contrat n’excède pas 2 ans, les collègues y étant soumis à une imposition exorbitante à partir de la 3ème année. Les collègues en école d’entreprise perçoivent une indemnité d’expatriation, mais les obligations énumérées dans les contrats s’étendent bien au-delà des obligations de service en vigueur à l’Éducation nationale, et la pression de la hiérarchie ou des parents peut y être forte.
- Dans les établissements "partenaires" de la MLF, le recrutement n’est pas examiné en CCP et de ce fait est peu transparent. Le droit syndical n’y existe pas. Les contrats, de droit privé local, ne sont pas soumis au respect du "Statut commun des détachés" de la MLF et peuvent donc réserver de mauvaises surprises : obligations de service bien supérieures à la France, obligations de surveillance des récréations ou de participation à des événements de l’établissement, non paiement des heures supplémentaires ou des pondérations... . Aussi, le SNES-FSU recommande la plus grande prudence avant d’accepter une proposition de ce poste dans ce type d’établissement. Aux États-Unis, les contrats en école partenaire sont limités à 2 ans en raison de problèmes de visa de travail et d’imposition.
- L’AFLEC (Association franco-libanaise pour l’éducation et la culture) est une association loi 1901 qui regroupe un réseau d’écoles au Liban et aux Émirats Arabes Unis. Ces écoles font partie du réseau des "établissements partenaires" de la MLF. Le recrutement y est peu transparent et ne fait pas l’objet d’un examen en CCP. Les contrats sont de droit privé local et l’expérience montre qu’ils peuvent comporter certaines dispositions inacceptables (obligations de service bien supérieures à la France, obligations de surveillance des récréations ou de participation à des événements de l’établissement, non paiement des heures supplémentaires ou des pondérations..). De plus, les droits, notamment syndicaux, ne sont pas toujours respectés. Le SNES-FSU déconseille de postuler dans ces établissements et recommande a minima une lecture attentive du contrat avant signature.

La MLF, dans le discours, se veut à la pointe de l’humanisme et du respect des droits républicains, mais dans les faits s’en écarte souvent. L’action syndicale s’impose, et le SNES-FSU intervient régulièrement auprès de la Direction générale de la MLF pour que la transparence soit respectée dans les recrutements, la gestion des personnels, les conditions de rémunération. Il intervient aussi sur la durée des contrats et sur l’amélioration des conditions de rémunération afin qu’elles soient comparables à celles de l’AEFE.

Recrutement

La procédure de recrutement à la MLF fait l’objet d’une note de service publiée chaque année au BO fin août.

Seuls les personnels ayant exercé au moins 2 ans en qualité de titulaire dans le second degré peuvent obtenir un détachement. Depuis la rentrée 2016, le MEN n’accorde plus aucune dérogation aux anciens recrutés locaux de la MLF à l’issue de leur année de stage.

Le recrutement se fait en deux étapes : sélection à partir d’un barème, puis étude du dossier (éventuellement entretien) par le chef d’établissement. A partir de la campagne 2019, la MLF a modifié son barème de recrutement. Jusque là il était fondé pour moitié sur l’ancienneté, et pour moitié sur les notes administratives et pédagogiques. Désormais la part de l’ancienneté est réduite à 30%, et pour les 70% restants la MLF s’inspire des méthodes des boîtes de recrutement privées et fait "du matching"  ! Les points sont accordés en fonction de la correspondance entre les compétences déclarées par les candidats et les critères attendus pour chaque poste. Chaque chef d’établissement définit, dans l’offre de poste, jusqu’à 5 critères parmi un choix de 30. Exemple de critères : niveau de langue, FLE, formateur, certifications... Les candidats ayant une meilleure correspondance avec les critères ont plus de points. Cela implique que le barème de chaque candidat varie selon le profilage de chaque poste.

Les syndicats de la FSU dénoncent ce recrutement par profilage des postes, pour des raisons pratiques et des raisons de fond. En pratique, les critères de profilage ne sont pas tous pertinents (ex : "enseignement en cycle 3", "badge MLF", "enseignement en TPE" alors que ceux derniers disparaissent en 2019) et le recrutement est simplement fondé sur le déclaratif : les compétences et expériences n’ont pas à être attestées, comment les commissaires paritaires peuvent-ils vérifier leur réalité ? L’hyperprofilage peut satisfaire l’égo de petits chefs se prenant pour les DRH, mais risque surtout de restreindre les viviers de recrutement. Sur le fond, nous estimons qu’un enseignant, par le fait d’être titulaire et par son expérience professionnelle, est à même d’enseigner dans tous les niveaux et de s’adapter à divers contextes d’exercice du métier. Par le profilage, la MLF semble escompter des "super-profs" de type EEMCP2, arborant certifications, profil de formateur, expériences à l’étranger... mais les payant comme des enseignants type : la FSU s’élève contre cette ubérisation de l’enseignement à l’étranger !

La polyvalence est souvent de mise, surtout dans des structures à faibles effectifs. Par exemple, un certifié de lettres peut être recruté afin d’enseigner les lettres, l’histoire-géographie et la philosophie ! De plus, la hiérarchie et les parents des écoles d’entreprise peuvent être parfois très exigeants et intrusifs.

Syndiqué(e)s, pensez à nous envoyer la fiche syndicale afin que nous puissions suivre et défendre votre candidature lors de la commission paritaire.

Pour consulter le site de la MLF :

MLF


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