Visioconférence AEFE sur les examens 2020

vendredi 15 mai 2020
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Le 6 mai s’est tenue en visioconférence avec le service pédagogique de l’AEFE une réunion consacrée à l’application dans le réseau de la décision du MEN d’attribuer les diplômes 2020 du DNB et du baccalauréat par le contrôle continu. Cette réunion avait été demandée depuis plusieurs semaines par le SNES-FSU, l’Agence attendait d’avoir des informations plus précises de la part du MEN pour l’organiser.

Un compte rendu plus détaillé a été envoyé à nos syndiqué-es.

Demande de cadrage AEFE sur les examens

Lors des visioconférences hebdomadaires avec l’administration, le SNES-FSU rappelle régulièrement que les enseignants sont en attente d’informations précises de la part de l’AEFE. A l’occasion de cette visioconférence consacrée aux examens, le SNES-FSU a insisté sur la nécessité d’un cadrage spécifique de la part de l’AEFE dans les circonstances exceptionnelles liées au contrôle continu. La note AEFE annuelle sur les examens est de fait sans objet cette année. L’AEFE ne souhaite pas se substituer aux DEC (divisions des examens et concours des académies partenaires) et ne compte pas le faire. Le SNES-FSU déplore cette réponse qui donne aux établissements l’opportunité de faire ce qu’ils veulent, voire n’importe quoi.

Qui bénéficie du contrôle continu pour le bac et le DNB ?

Pour le MEN et l’AEFE, tous les établissements homologués doivent être traités sur un pied d’égalité. Le MEN était même prêt à intégrer les candidats des établissements non homologués, afin de limiter l’afflux de candidats qui passeront les épreuves en septembre (en plus des candidats libres). L’AEFE a fait écarter certains non homologués… mais pas ceux qui avaient fait leurs demandes cette année pour le cycle terminal ou qui étaient déjà homologués pour d’autres niveaux, au motif qu’ils se sont déjà inscrits dans le processus...

Pour le SNES-FSU, il y a un réel danger à traiter de manière indifférenciée des établissements AEFE, aux pratiques de notation cadrée et connues, et une partie des partenaires dont les pratiques restent opaques, y compris quant au respect de l’homologation. Nous n’avons aucun recul sur les politiques de notation de ces établissements ; or le bac 2020 sera local à 100% (Blanquer n’en avait pas rêvé autant !). Dans ce paysage concurrentiel, les partenaires vont faire des résultats un argument de vente. Il y aura un effet bac 2020 sur la suite, de même qu’il y aura un effet bac Blanquer sur la durée, sur lequel nous avions déjà attiré l’attention de l’Agence dans les GT sur le nouveau bac.

Comment est pris en compte le contrôle continu ?

Le cadre est fixé par le MEN, cf la FAQ sur les examens et cet article sur le site national du SNES, où vous trouverez les projets de textes réglementaires.

A ce jour, les moyennes prises en compte sont celles des 1er et 2e trimestres, et celle du 3ème trimestre là où cela est possible, c’est-à-dire si des évaluations en nombre suffisant ont pu avoir lieu en présentiel. « Les évaluations auxquelles les professeurs auraient procédé pendant le confinement ne compteront pas dans les notes attribuées au titre de l’examen, afin de ne pas créer d’inégalité de traitement entre les candidats. » Il est toutefois possible que le Ministère évolue et décide de ne pas prendre en compte non plus les notes du 3ème trimestre données hors confinement.

Suite à notre intervention sur la nécessité d’une réelle transparence concernant l’évaluation des élèves, l’AEFE indique que les jurys d’examen disposeront des données statistiques concernant les résultats de ces deux dernières années pour chaque établissement. Ces dernières seront fournies par les DEC.

Le SNES-FSU a soulevé la question de la notation en langues vivantes. Dans plusieurs pays, en particulier quand l’enseignement de la langue du pays s’ajoute aux enseignements du programme français, il est fréquent que les élèves suivent un enseignement en tant que LV1, mais le présentent au bac en tant que LV2 (idem LV2 / LV3). La question se pose aussi lorsque la langue du pays est enseignée et évaluée dans le cadre du programme national du pays et est choisie en LV au bac. Dans tous ces cas, les critères de notation pendant l’année (niveau B2 par exemple en LV1) sont plus élevés que ceux du bac (niveau B1 en LV2). Pour le SNES-FSU, cette spécificité liée à la politique des langues de l’AEFE doit être prise en compte, pour ne pas pénaliser les élèves. L’Agence reconnaît qu’elle n’avait pas encore été saisie de cette question, mais qu’elle est en effet importante.

En dehors de la question des examens, nous interrogeons aussi le service pédagogique sur l’évaluation pendant le confinement, suite à des injonctions reçues dans certains établissements. Le service pédagogique précise qu’évaluer reste une obligation durant cette période d’enseignement à distance, mais que cela peut se faire selon des modalités diverses. En cas de notation chiffrée, celle-ci ne doit en aucun cas être pris en compte pour les examens (par exemple affectée d’un coefficient 0). Pour rappel, dans certains pays, ces notations chiffrées sont indispensables pour entrer dans les universités du pays d’accueil.

Comment prendre en compte l’assiduité au 3ème trimestre ?

Le SNES-FSU a insisté pour relativiser très fortement cet aspect : l’assiduité est délicate à évaluer, ne pas se connecter aux visioconférences peut s’expliquer par des difficultés techniques et indépendantes de la volonté de l’élève. Elle est surtout inéquitable, car tous les élèves ne sont pas égaux face à l’accès à internet, à un ordinateur (surtout si la fratrie voire les parents sont également en télétravail), au travail à distance. Certains élèves soudainement privés du cadre scolaire ou dont les familles sont durement affectées par la crise ont pu perdre pied sans que leur sérieux soit en cause. Il y a consensus sur ce point. Aussi, le service pédagogique recommande la plus grande bienveillance dans la prise en compte de l’assiduité.

Quels jurys ?

Les jurys habituels se tiendront, par centre d’examen. Un travail d’harmonisation sera fait. Les calendriers prévus sont conservés, selon les centres d’examen.

Quid de l’oral de l’EAF ?

Le SNES-FSU a rappelé la demande intersyndicale d’annulation de cette épreuve orale de français, seule épreuve d’examen à être conservée.

S’il avait lieu… les modalités varieraient selon les situations matérielles : si l’établissement peut ouvrir et le candidat est présent dans le pays ; si l’établissement est fermé et le candidat présent dans le pays ; si le candidat est rentré en France.

En tout état de cause, pour le SNES-FSU, s’il est demandé aux professeurs d’établir des descriptifs, il conviendrait que les professeurs indiquent dans leurs listes quels textes ont été traités en classe et quels textes l’ont été en distanciel, afin que les éventuels examinateurs en tiennent compte. Le service pédagogique de l’AEFE en convient et pourrait envisager d’adesser aux collègues de lettres des recommandations dans ce sens.

Quand auront lieu les oraux de rattrapage ?

Si l’établissement est ouvert, les oraux de rattrapage (oraux du second groupe) pourraient se faire selon le calendrier habituel, si besoin en visioconférence dans l’établissement ; sinon, ils se feront en septembre.

Qu’en est-il des examens en pays de rythme sud ?

Les mêmes modalités d’examen s’appliquent à tous, donc le bac et le DNB 2020 en rythme sud, en novembre-décembre 2020, sera attribué sur la base du contrôle continu. Cela posera problème pour les établissements qui ne rouvriront pas et qui disposent donc de peu de notes. Un problème spécifique se pose pour le Vanuatu, dont l’académie partenaire est la Nouvelle-Calédonie qui souhaite faire passer les examens selon les modalités normales.