CCP Mission laïque française du 27 février 2020

vendredi 6 mars 2020
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Une déclaration liminaire de la FSU a dénoncé les carences du dialogue social à la MLF. Concernant le recrutement pour l’école internationale de Dallas, aucune information en amont ne nous a été adressée par la MLF, et ce n’est qu’en réponse à notre déclaration que nous apprenons que le recrutement a été suspendu, en l’attente d’une réflexion sur l’avenir de l’établissement, dont les effectifs ont chuté. C’est pour le moins symptomatique d’un manque de communication...

L’autre symptôme est le fonctionnaire bashing auquel se livre la direction de la MLF dans ses propos aux commissaires paritaires. Se revendiquant comme une association privée, ce qu’elle est y compris dans sa logique de casse des droits et des statuts, la MLF ne voit pas pourquoi les enseignants détachés ne se conformeraient pas à la mentalité MLF. Elle veut les recruter elle-même, nous y voyons le moyen de mieux les soumettre à ses pratiques. Voilà la réalité du raisonnement qui amène la MLF à contester la double tutelle AEFE-MLF sur une partie des établissements.

Plusieurs des questions diverses confirment malheureusement cette évolution de la MLF : elle ne respecte même plus ses propres textes comme le Statut commun des détachés, sur lequel elle veut revenir notamment sur la durée des contrats ; elle veut donner tout pouvoir à ses chefs d’établissement, y compris pour évaluer la pédagogie et la didactique des enseignants ; quant à ses établissements partenaires, hors de tout contrôle, ce sont des zones de non-droit où l’arbitraire règne et les personnels perdent.


1- Présélection au recrutement des détachés dans les EPR de la MLF, les établissements de l’OSUI et les écoles d’entreprises - rentrée 2020

En propos liminaire, les représentants du SNES ont remercié les services de la MLF pour l’instruction des candidatures. Ils ont relevé une forme de réalisme de la part des chefs d’établissement, qui ont limité le nombre de critères dans leur profilage des postes (souvent aucun ou un seul critère, parfois deux). Nous continuons à contester le bien-fondé de ce profilage et considérons que tout enseignant du secondaire est qualifié pour exercer dans un établissement (hormis certification complémentaire dont le besoin est attesté).

La MLF nous signale avoir fait un effort de communication auprès des candidats, lors de l’inscription par des relances et des rappels d’échéances avant la clôture des vœux, ainsi qu’en cas de non-libération de postes. Elle constate que le nombre de candidatures est reparti à la hausse, et ce plus tôt dans la campagne de recrutement.

Pour les postes du secondaire, les commissaires paritaires FSU, représentants de tous les personnels, ont systématiquement questionné la MLF sur les propositions de sélections en entretien. Nous avons interrogé sur les raisons pour lesquelles des candidatures n’étaient pas retenues : le plus souvent, cela s’explique par le barème, une fois qu’un nombre raisonnable de candidats est atteint (en général 5-6 par poste). Pour plusieurs postes où le nombre de candidats était limité, tous ont été sélectionnés. L’autre élément qui intervient est le rang du vœu : la MLF préfère écarter un candidat ayant émis une préférence faible (au-delà du 4ème vœu le plus souvent) et retenir un candidat avec un barème moindre mais une préférence plus forte.Tous les vœux sont pris en compte, y compris ceux en écoles partenaires.

Sur plusieurs postes, nous sommes parvenus à faire sélectionner plus de candidats qui avaient des barèmes plus élevés que le dernier sélectionné et des rangs de vœux élevés. Nous rappelons au collègues la nécessité de remplir très précisément et complètement le dossier de candidature, et de fournir les documents demandés. Pour ce qui concerne le niveau de maîtrise des langues vivantes, il est préférable de l’attester, mais ce n’est pas toujours possible. L’entretien a souvent lieu en partie dans la langue vivante éventuellement requise pour vérifier que le candidat la pratique avec suffisamment de fluidité. Nous fournissons à nos syndiqués des conseils pour préparer l’entretien.


2- Questions diverses du SNES- FSU

CORONAVIRUS EN CHINE ET COREE DU SUD

Quelle est l’évolution de la situation des personnels dans le contexte sanitaire de l’épidémie de Coronavirus ?

La MLF gère 4 établissements en Chine (Wuhan : Renault et PSA, Taishan, Shenyang) et 1 en Corée du sud (Sacheon). A la date de la CCP, les cours ont lieu à distance (plate-forme du CNED) pour tous ces établissements sauf Wuhan-Renault qui est fermé ; les 11 élèves sont désormais en cours dans un établissement scolaire à Paris. Les personnels détachés ont été rapatriés. La reprise est envisagée pour l’instant pour le 16 mars pour l’ensemble de ces écoles, et le 20 avril à Hong-Kong.

LIBAN, GRAND LYCEE FRANCO-LIBANAIS DE BEYROUTH

Le GLFL lance une campagne d’entretiens professionnels et de visites de classe pour les détachés, selon des critères de nature pédagogique entre autres. Quelle valeur ont ces entretiens et ces visites ?

La MLF dit inscrire ces évaluations dans un pilotage d’ensemble des établissements, sur 3 ans, c’est un projet d’établissement. Nous rétorquons que si cela était le cas, pourquoi cela n’a pas été expliqué aux personnels, pourquoi n’ont-ils pas été associés à l’élaboration de grilles de visite de classe qui comportent pas moins de 58 critères (1 par minute de cours !), dont une partie sont de nature didactique et pédagogique ? Il ne faut pas s’étonner ensuite des incompréhensions que cela suscite.

D’autre part, la MLF revendique le rôle de "premier pédagogue" pour le chef d’établissement. Il doit savoir ce qui se passe dans cette "chambre obscure" que serait la classe, afin d’évaluer les personnels. Nous objectons avec force que le chef d’établissement a en charge non la pédagogie, mais l’organisation pédagogique et le bon fonctionnement de l’établissement ; qu’il n’a aucune compétence disciplinaire ni légitimité évaluative en matière de didactique et de pédagogie ; qu’il sait très bien ce qui se passe dans les classes via le cahier de textes numérique, les évaluations, les retours d’élèves et de parents. Une telle immixtion discrédite tout autant l’enseignant que l’IEN ou l’IPR. De surcroît elle entre en contradiction avec les modalités d’évaluation des détachés dans le cadre des rendez-vous de carrière. A nos yeux, il ne faut pas mélanger les genres.

MAROC, LYCEE FRANCAIS D’AGADIR

Un personnel détaché du lycée français d’Agadir, en renouvellement de détachement, se voit imposer par le chef d’établissement une demande de détachement pour 1 an. Or le statut commun de l’OSUI dispose que les contrats sont de 3 ans renouvelables. Nous demandons à la DG d’intervenir auprès de l’établissement pour que la demande de détachement soit conforme au statut commun.

La MLF annonce qu’elle entend revenir sur le Statut commun, pour prendre en compte le bornage des détachements à 6 ans depuis la rentrée 2019. Elle souhaite qu’une latitude soit donnée au second contrat (1, 2 ou 3 ans), à la demande de la direction de chaque établissement ou de l’enseignant (qui pour pouvoir obtenir un nouveau détachement doit être en fin de contrat).

Pour nous, ne pas accorder de contrat de 3 ans en l’état du Statut commun actuel revient tout simplement à bafouer les textes et la confiance des personnels envers leur employeur. La MLF peut certes vouloir le modifier à l’avenir, mais tant qu’il n’est pas modifié, le Statut commun s’applique. De plus, en l’espèce, informer un personnel en février qu’il ne sera employé que pour une année scolaire de plus limite ses possibilités de réintégration, s’il le souhaite.

MAROC, LYCEE JEAN-CHARCOT D’EL JADIDA

La gouvernance de l’établissement a-t-elle évolué de manière à établir un climat professionnel plus serein que ces deux dernières années ? D’autre part, à la veille des vacances, les préavis en cas de démission des recrutés locaux ont été communiqués aux personnels. Quel sens peut-on donner à cette notification ?

Le directeur adjoint nous a répondu que le document de préavis de démission, conforme au droit local marocain, émanait du service RH de l’OSUI. C’est un document valable dans tous les établissements de l’OSUI. Concernant la direction de l’établissement, le directeur adjoint nous a informé qu’un nouveau chef d’établissement sera en poste à la rentrée de septembre 2020.

GABON, LYCEE HENRI-SYLVOZ DE MOANDA

La rencontre le 20 janvier (directeur de la MLF, Cocac, IEN honoraire de la MLF et conseiller du ministre du MEN gabonais) avec les représentants des personnels fait apparaître que l’homologation serait remise en cause. Quel est l’avenir de l’établissement ?

La MLF nous a répondu que l’établissement a un avenir. Elle a pour objectif d’augmenter le nombre d’enseignants titulaires de l’EN, actuellement trop faible (4 seulement au second degré) : c’est envisagé pour la rentrée 2021. L’autre objectif est de davantage lier les programmes du collège à ceux de la France. L’établissement devient centre d’examen pour le DNB en juin 2020. A la rentrée un nouveau proviseur sera en poste. L’homologation restera limitée au collège, du fait de la demande des autorités gabonaises. Les programmes du lycée sont donc gabonais.

LUMUMBASHI, ETABLISSEMENT SCOLAIRE FRANCAIS BLAISE-PASCAL

La médiatrice de l’Éducation nationale a communiqué à la MLF des faits concernant la gouvernance et le fonctionnement de l’établissement. Quelles suites la MLF entend-elle donner à ce signalement ?

La MLF nous indique ne pas avoir droit de regard sur la gouvernance et le fonctionnement de l’établissement. Nous avons objecté qu’il s’agit d’un établissement partenaire de la MLF qui certes ne dépendait pas d’elle, mais se prévalait d’un accord avec elle et de son logo, ce qui engage cette dernière en terme d’image et de valeurs. La MLF devrait donc veiller à ce que le fonctionnement de l’établissement soit serein et professionnel.


Documents joints

declaration fsu ccp mlf 27-02-2020
declaration fsu ccp mlf 27-02-2020