E3C : une mise en place chaotique à l’étranger aussi

vendredi 7 février 2020
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Comme en France, précipitation et impréparation marquent la naissance des E3C et de multiples problème se posent, à l’étranger aussi :
- l’accès à la banque nationale de sujets BNS est, à l’image du bac Blanquer, complexe et abscons. Il n’a parfois pas été donné à tous les enseignants concernés.
- la qualité des sujets pose problème, particulièrement en mathématiques (erreurs, incohérence avec les progressions...). En langues, les sujets ne sont pas toujours en nombre suffisant, et des problème pratiques (fichiers audio) sont rencontrés.
- la numérisation des sujets pose des problèmes, car l’outil Santorin n’est pas très opératoire et mis en place à la va-vite (comme tout le reste !). Rien de comparable avec les 7 années prises pour la mise en place progressive de la dématérialisation à l’Agence entre 2009 et 2016...
- il est parfois fait appel à des collègues qui n’enseignent pas en classe de première, alors que le vivier naturel des correcteurs est celui des enseignants de première qui sont les seuls à avoir pratiqué les nouveaux programmes et les nouvelles épreuves.
- le nombre de copies à corriger excède sensiblement le nombre habituel d’élèves du correcteur. Nous intervenons pour que cela soit pris en compte, par exemple par une décharge horaire.
- la date de remises de notes, fixée par les académies partenaires, peut avoir lieu durant les vacances scolaires. En ce cas, il faut collectivement demander un report de la date.
- rémunération : le MEN n’a toujours pas publié le texte instaurant le forfait de 50 € par lot de copies. Nous attendons de l’AEFE qu’elle transcrive cette indemnité au plus vite, même si elle confine à l’aumône.

Face aux problèmes de fond comme aux difficultés pratiques, dans plusieurs établissements en Tunisie, au Maroc, en Espagne, à Haïti, les enseignants ont exprimé leur rejet de cette réforme du bac, parfois refusé de choisir les sujets. Par exemple, au lycée de La Marsa (Tunisie), les collègues d’Histoire-Géographie ont refusé de choisir un sujet, comme leurs collègues du lycée Pierre-Mendès-France…. La direction de La Marsa ayant refusé de reporter l’épreuve, c’est le proviseur qui a choisi le sujet et en réaction, les élèves ont refusé de composer. Une nouvelle épreuve va donc être organisée.

Lorsque les épreuves ont eu lieu, nous conseillons aux sections d’appuyer les demandes de décharges d’une ou deux journées pour corriger.

Dans la zone Asie-Pacifique, les épreuves ont été reportées suite aux fermetures d’établissements (Chine, Hanoï) et aux restrictions de déplacements. Nous suivons de près la situation, en lien avec les collègues.

À l’étranger comme en France, le SNES-FSU appelle à empêcher la mise en œuvre des E3C et à refuser collectivement de choisir les sujets, de surveiller et de corriger les épreuves. Voir cet article - E3C : STOP !
Les syndicats FSU hors de France ont d’ores et déjà déposé des préavis de grève quotidiens sur l’ensemble du réseau AEFE et du réseau MLF jusqu’au 21 février. Ces préavis rappellent la demande nationale d’annulation de la première session d’E3C et couvrent notamment les refus de surveillance, de correction et de remise des notes.
N’hésitez pas à contacter le SNES hors de France en cas de besoin.

Ajout du 11 février : lire l’article du SNES analysant en quoi une correction locale et dématérialisée participe de la dénaturation de notre métier et contribue à la dépossession et au contrôle des personnels.