Les réformes éducatives en cours à l’AEFE

mercredi 17 octobre 2018
popularité : 2%

Les réformes du lycée et du bac engagées par le ministre Blanquer ont leur cohérence, celle de l’idéologie libérale : autonomie des établissements, affaiblissement des cadrages nationaux, obsession de l’évaluation dans une perspective de néomanagement, le tout avec l’objectif de supprimer des postes.

La réforme du lycée prend effet en septembre 2019, pour la seconde et la première en même temps. Elle réduit le nombre d’heures d’enseignement ; elle accroît la marge d’autonomie locale mais en limitant les moyens, ce qui met les disciplines et les enseignements en concurrence ; elle limite le nombre d’options ; elle implique le choix par les élèves de seconde, au 2ème trimestre cette année, de trois enseignements de spécialité qu’ils suivront en classe de 1ère. L’enjeu est la qualité de la diversité de l’offre de formation, qui a un impact non seulement sur l’ambition éducative mais aussi sur les postes.

Enfin, la réforme du bac introduit l’évaluation permanente : tests de positionnement en français et mathématiques en début de seconde, 2 séries de partiels (“épreuves communes”) comptant pour le bac en première, une série de partiels en terminale. Cette obsession de l’évaluation va considérablement alourdir la charge de travail et de correction, affaiblir le caractère national du baccalauréat, limiter notre liberté pédagogique puisque les sujets de partiels seront faits, à partir d’une banque de sujets nationale, par chaque équipe pédagogique dans les établissements, imposant une même progression et une dérive utilitariste des enseignements qui seront tournés sans cesse vers un examen, partiel ou final.

La réforme se met en place dans l’urgence, à l’aveugle, en renvoyant au local les modalités d’organisation qui, pourtant, ont un impact considérable sur nos conditions d’exercice du métier. En particulier, les programmes se seront connus qu’en décembre 2018.

Pour en savoir plus sur la mise en place concrète de ces réformes à l’AEFE, lire cet article.

Cette réforme du bac et du lycée est articulée à celle de l’orientation vers le post bac. Parcoursup a fait la preuve en 2018 de sa logique sélective et lourde dans la gestion des quelque 675 000 bacheliers. Ce sont les attendus de Parcoursup qui commanderont les choix de spécialités par les élèves de 1ère et de terminale. Pour faire face à la charge de travail accrue en terminale, un second professeur principal est possible : le SNES-FSU a fait simplifier le seuil à partir duquel cela est possible (25 élèves) et rappeler le principe du volontariat.

A toutes ces incertitudes s’ajoutent celles de la réforme de l’AEFE. Des missions sont en cours, parlementaire (députée Cazebonne) et ministérielle (inspections générales du MEN et du MEAE). On ne voit pas trop ce qui en sortira, si ce n’est une extension du réseau des établissements partenaires qui diluera l’identité de l’AEFE et nuira aux personnels. Ces derniers seront victimes des suppressions de postes liées à la coupe budgétaire de 2017 mais aussi au projet de loi de finances 2019, comme ils sont déjà victimes de la mobilité forcée imposée par le MEN qui a limité les nouveaux détachements à 6 ans.

Élections professionnelles 2018