Mission syndicale SNES HDF à Tokyo, Pékin et Séoul

mercredi 10 janvier 2018
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Un membre du secteur HDF a effectué une mission syndicale en Asie du nord-est fin novembre : des formations syndicales, des permanences et des heures mensuelles d’information syndicale (HMIS) se sont tenues à Tokyo, Pékin et Séoul. Les restrictions budgétaires imposées à l’AEFE et leurs conséquences à court et moyen terme ont été au cœur des échanges. En réponse, les mobilisations lors de la journée d’action du 27 novembre dernier ont été massives voire historiques (plus de 60% de grévistes à Séoul, une première !), soulignant l’inquiétude des collègues face au devenir de l’AEFE et de leur carrière à l’étranger. En effet, même si les fermetures de supports sont en nombre très limité dans cette zone (à Pékin, un support de résident de SES et un support d’expatrié en chinois), les perspectives de résidentialisation des nombreux TNR sont pour le moins compromises.

Les nouvelles carrières issues du PPCR (reclassement, nouveau protocole d’évaluation, classe exceptionnelle…), les conseils et suivi à donner aux collègues éligibles à un rendez-vous de carrière ont été largement développés. Un point détaillé a été fait sur les questions indemnitaires et notamment sur l’ISVL dans cette zone où le coût du logement très élevé peut engendrer un manque d’attractivité pour certains établissements. Enfin, ont été abordées des avancées importantes pour les personnels obtenues au comité technique de juillet 2017 : circulaires sur le temps partiel, les autorisations d’absence, la formation continue, les personnels de droit local, les nouvelles commissions hygiène et sécurité... Ces avancées couronnent un travail de longue haleine en 2016-2017 avec une quarantaine de groupes de travail. Des rappels sur l’instruction générale de recrutement des résidents pour 2018 ont été faits (les notes sont encore prises en compte), et une réflexion a été entamée au sujet du futur barème de recrutement pour la rentrée scolaire 2019 (où il n’y aura plus de notes).

Le lycée français de Tokyo possède un statut particulier puisque, autrefois établissement à gestion directe (EGD), il est géré depuis 2016, afin de se mettre en conformité avec le droit japonais, par une fondation présidée par le Président du conseil d’administration de l’AEFE. La forte croissante des effectifs (près de 1300 élèves à cette rentrée, contre 670 à la rentrée de 2011 après la catastrophe de Fukushima) offre des perspectives d’extension immobilière pour cet établissement qui, bien qu’endetté, a retrouvé son dynamisme. Les rencontres avec le chef d’établissement puis le conseiller culturel ont été l’occasion de faire le point sur les différents dossiers d’actualité tels l’impact des mesures budgétaires AEFE sur le budget de l’établissement (le fonds de réserve compensera la taxe de 9 % assise sur les frais de scolarité), l’ISVL, le rôle attendu du chef d’établissement lors des rendez-vous de carrière, la réflexion sur un futur barème objectif de recrutement des résidents… .

Le stage de formation syndicale à Pékin a réuni une vingtaine de stagiaires dont des représentants des établissements conventionnés AEFE de Shanghai et Hong Kong. L’HMIS a mobilisé une cinquantaine de collègues, tous statuts confondus. Le lycée français de Pékin (seul établissement en gestion directe de la zone) est un établissement neuf (récemment transféré sur un nouveau site) dont les capacités d’accueil sont bien supérieures aux effectifs actuels suite à une baisse du nombre de français expatriés en Chine pour des raisons tant économiques qu’environnementales. L’insuffisance de l’ISVL par rapport à l’augmentation constante du coût de la vie (loyers notamment), la pollution récurrente de l’air, la localisation excentrée de l’établissement rendent cette destination de moins en moins attractive. Cependant, la vie syndicale y est très active et productive (avancées importantes pour les recrutés locaux en terme de contrat de travail et de rémunération ces dernières années). L’action locale du SNES-FSU a suscité une véritable solidarité tous statuts confondus parmi les personnels. Les mesures budgétaires imposées par l’AEFE risquent d’avoir un impact sur le fonctionnement de l’établissement en terme de supports de détachés (menace de suppression de postes de résidents si les effectifs stagnent) mais aussi de recrutés locaux. Nos collègues seront d’ailleurs mobilisés à la rentrée de janvier pour défendre le maintien d’un poste local de laborantin en sciences. Les interventions des représentants des lycées de Hong Kong et Shanghai (établissements conventionnés) ont montré un fonctionnement très différent, où les parents et le comité exécutif sont très présents. Les personnels en recrutement local perçoivent des salaires bien supérieurs à ceux des résidents, mais subissent les pressions de l’administration et particulièrement de leurs employeurs que sont les comités de gestion des parents : à Shanghai, les grilles salariales ne sont pas finalisées, le livret de l’employé local n’est que partiellement appliqué, des licenciements abusifs ont frappé des collègues. Le statut de résident expatrié à travers le conventionnement de l’établissement avec l’AEFE reste donc la meilleure garantie concernant nos droits syndicaux entre autres.

La tournée syndicale s’est achevée au lycée français de Séoul où une permanence et une HMIS qui a accueilli une dizaine de collègues ont été organisées. Une douzaine de résidents et un EEMPC2 exercent dans cet établissement qui, accueillant près de 450 d’élèves de la petite section à la terminale, possède une dynamique propre puisqu’un projet d’extension est en cours de réalisation.
La rencontre avec le chef d’établissement a porté, dans un premier temps, sur le protocole de suivi des personnels en CDI/CDD, protocole non voté démocratiquement et qui pose de nombreux problèmes comme l’organisation annuelle d’entretiens avec des visites de classe du chef d’établissement, des promotions internes ou distribution de primes selon des règles floues. Les rendez-vous de carrière menés par le chef d’établissement, le dossier de l’ISVL ont été au coeur des sujets évoqués. Sur ce dernier sujet, les personnels étaient particularité coréenne : le montant mensuel des loyers est lié au montant d’une sorte d’avance de dizaines de milliers d’euros lors de l’installation, le Kmoney. Le SNES-FSU a demandé au chef d’établissement la mise en place rapide de commissions obligatoires telles les commissions hygiène, sécurité et conditions de travail pour les personnels. La rencontre avec le COCAC, nouvellement nommé, a été l’occasion de rappeler les règles de fonctionnement de l’Agence, de demander un groupe de travail afin de modifier l’actuel barème de recrutement des résidents non conforme aux critères de l’Agence.

Le SNES-FSU remercie chaleureusement les responsables de sections ainsi que les collègues pour leur accueil et l’organisation des stages et rencontres diverses lors de ce déplacement.