Détachements à l’étranger : une situation très tendue !

vendredi 5 mai 2017
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Depuis l’an dernier, les refus de détachements se sont multipliés. Voir notre article de l’an dernier. Le SNES-FSU a été en pointe sur cette question pour les personnels du second degré, dès les premières menaces.

En février dernier, à l’appel de la FSU, les personnels du premier et du second degré ont, par leur action, permis le renouvellement de détachement des collègues du 1er degré qui avaient initialement essuyé un refus de la part des DASEN de leur département d’origine (voir ICI le rappel des mobilisations ayant conduit à cette première victoire).

Dès le début avril, le SNES-FSU alertait ses syndiqués sur la situation des détachements en général, et en particulier sur celle des collègues ex recrutés locaux de l’AEFE, lauréats du CAPES, ayant obtenu un poste de résident.

Les personnels du 1er et du 2nd degré, recrutés sur des postes de résidents, subissent, pour des raisons différentes, des refus de détachement.

Ex recrutés locaux de l’AEFE

Les refus de détachement concernent en premier lieu les collègues n’ayant pas deux ans d’ancienneté comme titulaires dans leur corps actuel.

Parmi eux, nos collègues ex recrutés locaux lauréats de concours sont les premières victimes, alors qu’ils ont consenti des sacrifices pour se former et devenir titulaires en passant leur année de stage, en France, loin de leur famille. Le SNES-FSU est intervenu à plusieurs reprises auprès de l’AEFE (DRH et Direction) et du MEN (DGRH-B2-4, Cabinet de la Ministre) et a appuyé les recours gracieux effectués par les collègues. A ce stade, la DGRH n’a annoncé une issue favorable que pour un seul cas, jugé exceptionnel.

Pour nos collègues recrutés locaux non titulaires de la Fonction publique, ces refus pèseront aussi. Qui passera un concours avec la perspective de se séparer de sa famille pendant trois ans (stage et deux ans comme titulaire) ?

Avis des recteurs

Les collègues du 2nd degré se heurtent aussi à la date de réception des demandes de détachement. Jusqu’au 31 mars et uniquement pour l’AEFE, le MEN impose les détachements. Au-delà de cette date et pour toutes les autres demandes de détachement (MLF notamment), le MEN suit l’avis des recteurs, qui les refusent de plus en plus.

TNR

Ces refus de détachement qui s’ajoutent au faible nombre de postes de résidents, condamnent de nombreux titulaires sur contrat local (titulaire non résident-TNR) à rester dans la précarité.

Concernant le 1er degré, malgré le succès de cette année, les refus de renouvellement restent une épée de Damoclès pour les personnels, leurs familles et les établissements. Les premiers ou nouveaux détachements à l’AEFE sont également refusés en nombre par certains départements, ce qui constitue une entrave au souhait d’expérience à l’étranger des enseignants et génère aussi des difficultés insoutenables à certaines familles de personnels installés durablement à l’étranger, qu’il soient ex agents de droit local ou pas.

Un réseau et des personnels fragilisés

L’Éducation nationale justifie principalement ces refus de détachement par la difficulté à pourvoir les postes en France en raison de la crise de recrutement. Au delà des situations individuelles dramatiques, ces refus menacent structurellement l’AEFE (et aussi la MLF) et les établissements : des postes resteront à pourvoir et des classes seront sans enseignant titulaire. Il sera alors possible de faire appel à des personnels de recrutement local (qui pour certains se retrouveront dans la précarité).

Tous les personnels sont concernés.

La position administrative de résident est fragilisée. C’est un pas de plus vers une mobilité imposée : c’est le cas dans le primaire (non renouvellement), et dans le second degré dans une moindre mesure.

Les perspectives d’intégrer la fonction publique pour les recrutés locaux s’amenuisent.

Parallèlement et paradoxalement, les collègues en poste en France ont des difficultés à obtenir un premier détachement, ce qui constitue un frein à la mobilité.


Le SNES-FSU et le SNuipp-FSU ont multiplié leurs interventions mais, comme en février, les situations ne peuvent se débloquer qu’avec une mobilisation syndicale. Aussi, après consultation de leurs sections locales, les syndicats de la FSU appellent les personnels de l’ AEFE à un jour de grève entre le 9 et le 12 mai 2017 (voir notre article sur les actions menées par nos sections durant cette semaine).