Le SNES-FSU à la rencontre des élus des Français de l’étranger

vendredi 10 mars 2017
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Le SNES HDF a été invité le 6 mars à une table ronde de l’Assemblée de Français de l’étranger (commission de l’enseignement, des affaires culturelles, de l’audiovisuel extérieur et de la francophonie). Seules les organisations représentées à l’AEFE y étaient conviées, donc, en plus de la FSU (SNES, SNUipp – 4/5 sièges au Conseil d’administration et au comité technique de l’AEFE), l’UNSA était présente, ainsi que le SGEN-CFDT qui, sans être élu au Comité technique de l’AEFE ou au Conseil d’administration, dispose d’un siège au CHS-CT de l’AEFE.

La thématique était, comme l’année passée, cadrée et centrée autour de quelques thèmes : le rapport de la Cour des comptes sur l’AEFE (notamment sur le statut des résidents), la question des détachements et de la formation des personnels, ainsi que sur la situation du renouvellement des détachements des résidents en 2017.

Sur le dernier point, le SNES-FSU s’est avant tout exprimé en solidarité avec nos collègues du SNUipp-FSU présents. Nous avons expliqué les récentes actions syndicales et les grèves spectaculaires et spontanées. Au delà, nous y avons dit qu’il était inacceptable de fonctionner, pour qui que ce soit, avec une épée de Damoclès au dessus de la tête, et qu’il fallait cesser de précariser ou de déstabiliser les personnels. Cette question du détachement est au coeur de nos préoccupations, dans la mesure où elle recoupe la question de mobilité imposée. Le SNES-FSU a rappelé ses mobilisations à l’époque où l’AEFE elle-même avait tenté de l’imposer. Ce n’est pas négociable pour la FSU !

Nous y avons d’ailleurs lié le thème de la formation : les personnels de l’étranger ne sont pas moins ni moins bien formés que leurs homologues de France. Dans de nombreux cas et en fonction des zones, c’est même le contraire ! Il faut donc mettre un terme à cet argument fallacieux. Sur la formation toujours, le SNES-FSU s’est montré en désaccord avec d’autres intervenants, qui mettaient beaucoup l’accent sur la formation des recrutés locaux sans évoquer celle des détachés. Nous combattons, quant à nous, pour une formation de qualité pour tous les personnels. Les besoins sont divers en fonction du parcours de chacun, mais la formation n’est pas une question de statut !
Nous y avons également rappelé notre opposition claire au projet (soutenu par le SGEN-CFDT) de statut commun de tous les détachés hors de France. Pour nous, il faut défendre la position et donc les supports budgétaires d’EEMCP2. Pourquoi les enseignants devraient être les seuls à ne plus avoir d’expatriés dans le réseau ? La catégorie a déjà été la plus touchée (les personnels de direction et DAF étant la plupart du temps maintenus en expatriés), un gros travail a par ailleurs été fait sur les lettres de missions des EEMCP2. En garantissant toutes les positions, nous les sécurisons toutes. En les supprimant par « le haut », on les fragilise toutes davantage. Par exemple, c’est la mobilité forcée des expatriés qui constitue un argument supplémentaire à la mobilité choisie des résidents.

Le SNES-FSU a par ailleurs rappelé que les personnels quels qu’ils soient en avaient assez d’être les variables d’ajustement des aléas budgétaires. Ces positions doivent être sécurisés et les collègues veulent travailler dans la sérénité. Il en est de même pour les statuts des établissements et les menaces ou mise en œuvre de déconventionnement. Pour nous, ce sont les mauvais projets mis en œuvre par l’AEFE (comme la contribution que paient les établissements) et le manque de moyens (d’ailleurs pointé par la Cour des comptes) de l’établissement public, qui ont contribué à fragiliser l’ensemble du réseau. Concernant le réseau au sens large (les établissements partenaires et le réseau Mission laïque française), nous avons rappelé nos démarches notamment auprès de la DGESCO pour dénoncer toutes les dérives et atteintes ou négation des droits des personnels.

Sur la MLF en particulier, nous avons solennellement dénoncé un dialogue social inacceptable ou absent, indigne des missions de service public que cette association est censée mener. Cet argument a apparemment porté dans l’assemblée et a été repris, parfois avec véhémence, par d’autres organisations syndicales. Dans un tel contexte, il est essentiel pour la MLF de réfléchir à ses pratiques et de les modifier, plutôt que de systématiquement fustiger les syndicats de la FSU, comme cela est devenu pratique courante.

Sur tous ces sujets et d’autres, le SNES-FSU développe régulièrement ses positions aux élus des Français de l’étranger, comme par exemple au sénateur Jean-Yves Leconte, en compagnie des représentants du SNUIpp-FSU, le 7 mars. La question des détachements a été évoquée, tout comme la situation de l’AEFE en termes budgétaires. Nous avons à nouveau dénoncé le manque criant de moyens, ainsi que les absurdités liées au plafond d’emplois des détachés et des recrutés locaux des établissements en gestion directe, qui conduisait par exemple cette année à supprimer des supports de rompus de temps partiels, utilisés pour résidentialiser à l’année des titulaires non résidents. La question de l’application du PPCR à l’étranger a également été abordée, comme la situation absurde du gel des rémunérations en cours de contrat des personnels de la centrale à l’AEFE.

Le SNES-FSU reviendra bien sûr sur l’ensemble de ces questions, dans les instances de l’Agence mais également lors du rendez-vous prochain avec la Direction.