Polynésie française : le SNES rencontre les représentants du gouvernement à Paris et à Papeete

mercredi 2 mars 2016
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A Paris, rue de Grenelle, le 18 février dernier, le SNES HDF a rencontré le Directeur-adjoint du cabinet du MEN, la responsable de l’éducation au Ministère des outre-mer (MOM) ainsi qu’une responsable des ressources humaines au MEN. A Papeete, la FSU de Polynésie française (PF) a été reçue en audience par les conseillers de F. Hollande, lors de sa visite officielle le 22 février dernier.

Ce qui frappe dans ces entrevues est que nos interlocuteurs, au pire prennent connaissance des sujets dont nous les entretenons, au mieux s’étonnent que les questions ne soient pas encore réglées. Tout cela donne une impression de désordre inquiétante quand il s’agit d’une administration aussi importante que celle de l’Éducation nationale et plus largement de la fonction publique de l’État.

Dans la capitale de la Polynésie française, les représentants du SNES, SNEP et SNUipp locaux ont exposé leurs inquiétudes sur l’ITR (indemnité temporaire de retraite), qui baisse régulièrement et sera définitivement supprimée en 2028. Ce dossier n’a jamais été fermé, et les engagements pris jamais respectés notamment celui de mettre en place un système de substitution. En effet rien n’est prévu pour compenser une entrée en retraite qui sera désormais synonyme d’une perte de revenus considérable dans un territoire où le salaire des actifs est majoré d’au minimum 80 %.

L’écriture de la convention État-Polynésie française, qui doit être renouvelée en 2017, n’augure pas de meilleures conditions de travail. Sur ce point le cabinet a assuré au SNES HDF que le Vice-Rectorat y travaille mais que les travaux ne sont pas clairement engagés pour le moment. Naturellement le SNES-FSU insistera pour disposer d’une première version aussi vite que possible.

S’agissant des compétences de construction transférées au territoire, le SNES-FSU a insisté auprès de ses interlocuteurs sur l’état de délabrement scandaleux dans lequel se trouvent les internats de Polynésie française et plus largement bon nombre d’établissements scolaires. Il est revenu également sur l’absence de politique de transports scolaires avec des conséquences sur la vie quotidienne des élèves.

Concernant les concours de l’Education nationale que les candidats polynésiens doivent passer de nuit, nous avons exposé les revendications du SNES-FSU : mettre en place un aménagement horaire par un décalage de 4 heures par rapport au début des épreuves en métropole ce qui permettrait de faire terminer les candidats à 1 h du matin au lieu de 3 h actuellement avec reprise des cours à midi. Le SNES HDF a relayé cette revendication au Directeur-adjoint du cabinet par téléphone. Il serait donc anormal que cette situation s’éternise et le SNES-FSU remontera au créneau autant de fois que nécessaire pour qu’elle cesse.

Les CPE en Polynésie ont 22 jours de permanence annuelle à assurer, alors que le nombre statutaire est de 15 et que la Convention implique en principe que les statuts soient respectés par la PF.

Le SNES-FSU a dénoncé auprès du Cabinet, après l’avoir fait au niveau de la DGRH, l’existence de postes à contraintes particulières (PCP) inventés par la Ministre de l’Education de Polynésie. Ils ont été publiés sur le site de la DGEE avec un délai de 15 jours pour postuler. Certains de ces postes sont situés dans un REP + créé par le gouvernement polynésien. A ce jour, on ne sait absolument pas si les enseignants qui seront affectés sur ces postes bénéficieront des mêmes conditions de rémunération que dans les REP du MEN. Ces postes spécifiques devraient être gérés par le MEN mais le VR n’apparaît nulle part alors qu’il s’agit bien de personnels mis à disposition par l’État.

Sur ces deux derniers points (CPE et PCP), le SNES HDF a trouvé un écho favorable auprès de la conseillère en ressources humaines du Cabinet qui est intervenue au niveau du VR de Polynésie afin que le SNES PF puisse être reçu et entendu.

A Papeete, le SNES-FSU est revenu sur le refus par le VR de prise en charge du transport vers le lieu de congé administratif pour les personnels résidents, refus qui est encore moins motivé du fait que le reste des fonctionnaires de l’État en Polynésie continuent de bénéficier de cet avantage.

Sur la plupart de ses sujets, les conseillers du Président de la République s’étonnent qu’ils n’aient pas encore été réglés (retraite, organisation des concours nationaux sans mise en loge, obligeant les candidats polynésiens à plancher la nuit et devant reprendre le travail dès midi), et prennent note sans faire de commentaire sur les horaires abusifs et les congés administratifs, sujet ô combien sensible au regard de la situation conflictuelle qu’il y a entre le Haut-Commissariat et le Vice-Rectorat.

La combinaison de ces deux entretiens au plus haut niveau de l’État et de l’Éducation nationale doit permettre d’obtenir des avancées. En tout cas, le SNES-FSU veillera à ce que les réactions compréhensives que nous avons pu mesurer de la part de ces hauts fonctionnaires, se transforment en actes améliorant les conditions de travail des personnels tout en respectant leur droit.