Bilan du baccalauréat 2013

vendredi 13 décembre 2013
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Un bilan du baccalauréat a été fait à la demande du SNES-FSU par le service pédagogique lors du CT du 3 décembre 2013.

Cette année, 13 414 candidats ont été reçus à l’examen sur les 14 065 élèves qui se sont présentés aux épreuves du baccalauréat dans les établissements français de l’étranger, soit 95,4 % de réussite (+ 0,4 points par rapport à l’an dernier). Le nombre record de mentions obtenues, est aussi en augmentation par rapport à 2012 (+ 1 016).
Pour un bilan plus précis, consultez le site de l’AEFE en cliquant ici.
D’autre part, l’Agence nous a aussi informés que de nombreux élèves avaient obtenu des prix à de nombreux concours. Voir le site de l’AEFE

Dématérialisation

1) Bilan de l‘AEFE

La correction dématérialisée des copies des épreuves écrites du baccalauréat, mise en place dans le réseau de l’AEFE depuis la session de juin 2011, est aujourd’hui effective dans une trentaine de pays en Asie, en Amérique du Nord et du Sud ainsi qu’en Afrique. Pour l’Agence, l’objectif de ce projet était d’assurer la soutenabilité de l’organisation des examens afin de faire face à l’explosion du coût des déplacements, aux difficultés croissantes rencontrées dans de multiples zones pour assurer la sécurisation des déplacements des personnes (enseignants correcteurs ou élèves candidats) mais aussi des sujets et des copies.
Ce dispositif, a été mis en place avec le soutien de la Direction générale de l’enseignement scolaire (DGESCO) du MEN et celui des académies de rattachement, qui restent les seules responsables des examens (académie de Montpellier pour les pays d’Asie et du Pacifique, Caen et Bordeaux pour l’Amérique du Nord et une partie des pays d’Afrique subsaharienne). Avec l’engagement de Nantes cette année, ce sont l’ensemble des pays d’Afrique subsaharienne qui utiliseront ce dispositif lors de la prochaine session. En ce moment même, les enseignants d’Amérique du Sud corrigent pour la première fois des copies dématérialisées en lien avec l’académie de Poitiers. L’AEFE en assure le suivi et la prise en charge financière. La société Neoptec, qui a développé le logiciel Viatique, est responsable de la partie technique, la sécurisation de l’ensemble du processus et particulièrement des transferts de données.
L’AEFE a mis en place des temps de formation pour l’ensemble des acteurs (en présentiel pour les chefs des Divisions des examens et concours des rectorats et les chefs de centres de délibération) ; à distance pour les chefs de centre, les responsables administratifs techniques ou pédagogiques. Des enseignants référents sont directement formés dans chaque zone, et démultiplient les stages auprès de leurs collègues.

Pour l‘AEFE, il apparait que le dispositif de dématérialisation présente de multiples avantages :

  • sécurisation du processus de traitement des copies (pas de perte de copies) et d’anonymat (reconnaissance informatique de l’identité des candidats) ;
  • fiabilité : pas de risques d’erreurs liées à la saisie manuelle ;
  • confidentialité (cryptage des données de niveau quasi militaire) ;
  • le travail des centres d’examens est considérablement allégé puisque neufs opérations de traitement des copies (anonymat, massicotage, brassage, édition d’étiquettes, duplication des diverses instructions et corrigés, émargement, remontée des notes, archivage) disparaissent et sont réalisées automatiquement. Cela accélère considérablement tout le processus et dégage ainsi des jours de corrections supplémentaires pour les enseignants ;
  • le déplacement des enseignants est réduit aux seules épreuves orales et aux jurys ;
  • l’économie réalisée sur les frais de transports et d’hébergement des professeurs correcteurs, a permis de réduire les dépenses liées à l’examen (de près de 30% en Asie et jusqu’à 80% dans certains centres en Afrique) ;
  • l’ouverture de nouveaux centres d’épreuves (près d’une quinzaine au total) que la DGESCO refusait auparavant a permis de limiter le déplacement des élèves (40% des candidats qui se déplaçaient en Asie n’ont plus à le faire) ;
  • ces deux derniers aspects réduisent le coût de l’examen pour les familles ;
  • d’un point de vue pédagogique, la dématérialisation offre aux enseignants de nouveaux moyens d’échange et de concertation (forum suivi par des IA-IPR ou des référents pédagogiques, messagerie instantanée, statistiques à toutes les étapes du processus, intégralité des documents de référence accessibles instantanément, etc.) et renforce l’homogénéité de l’évaluation au niveau du réseau AEFE ;
  • enfin, l’envoi des copies numérisées par internet participe à la préservation de l’environnement en réduisant fortement les déplacements de personnes (elle améliore l’empreinte carbone de l’examen).

Session 2013
Cette année, près de 35 000 copies ont été ainsi corrigées à distance par plus de 1000 enseignants correcteurs.
A l’exception d’une indisponibilité temporaire du serveur lors des corrections en Asie, aucune difficulté particulière n’a été relevée par le service pédagogique. Les passations et les corrections se sont effectuées dans de bonnes conditions partout, y compris dans des pays à l’équipement potentiellement problématique comme la Guinée par exemple, ou dans des pays en crise comme le Mali ou le Niger. Les retours des chefs d’établissement et des enseignants sont unanimement positifs. Ils avaient été fortement incités à faire remonter au service pédagogique tous les points qui pouvaient leur sembler à améliorer ; ils pouvaient le faire aussi directement via le logiciel.

2) Bilan du SNES-FSU

Le SNES avait lancé une enquête, dont seules celles consacrées à la dématérialisation ont été analysées à ce jour.
Nombre d’enquêtes sur la dématérialisation : 99
Nombre de pays ayant répondu : 21 (il peut s’agir du pays d’exercice ou parfois du pays du centre d’examen).

Absence de formation : 24%
A la question : êtes-vous satisfait(e) de la dématérialisation :
oui : 64%
non : 24 %
absence de réponse : 12%
Une majorité s’avère satisfaite de la dématérialisation tout en relevant, pour la plupart des problèmes.

Des problèmes généraux qui ne relèvent pas de la dématérialisation sont signalés : absences de convocation nominative, maintien des cours (nous vérifierons ultérieurement si cela est davantage présent dans les pays où existe la dématérialisation), injonctions de notation de la part des IPR ou des coordonnateurs.
Un problème se trouve accentué cette année, en liaison avec la dématérialisation puisqu’ils ne sont plus présents collectivement sur le même lieu, les correcteurs ne sont plus systématiquement convoqués au jury. Cela revient régulièrement dans l’enquête et les collègues s’interrogent y compris sur la fiabilité de la note donnée au candidat par rapport à celle attribuée à ce candidat par le correcteur. Selon les réponses à l’enquête, il n’y a aucun moyen de le vérifier.
Au Congo, il était prévu des dates de correction et d’oraux en même temps mais heureusement cette bévue a été modifiée.
Contrairement au satisfecit de l’Agence, dans certains pays des correcteurs n’ont pas été formés à Viatique.

Les problèmes techniques ont été relevés. Outre la "disparition" des copies le 24 juin en Asie, dans les pays à débit réduit de connexion, des difficultés de manipulation et donc un temps de correction par copie plus long que normalement est signalé par tous.
D’autres aspects sont évoqués : scan incomplet de copie(s), arrivée tardive des listes d’émargement, problème de connexion à la plateforme web signalée notamment au Vietnam, temps d’attente entre chaque copie trop long, copies illisibles : encre utilisée trop claire.

Problèmes personnels et pédagogiques des correcteurs

La fatigue visuelle revient fréquemment et même certains parlent de "grande fatigue". Certains correcteurs constatent ainsi amèrement que leur relecture a été moins approfondie. La taille de l’écran est en cause, mais ces collègues ont bénéficié d’un ordinateur mis à disposition par l’établissement, ce qui nécessite toutefois de rester corriger dans l‘établissement. Les cases sont réduites ce qui limite les possibilités d’annotation.

Problèmes particuliers signalés dans certaines disciplines
1) en HG : altération des couleurs du croquis, problème d’orientation, la légende et le croquis ne sont pas lisibles en même temps (ce qui est contraire à toutes les consignes de construction de croquis !!!) : cela rend très difficile la correction du croquis
2) mathématiques : longueur plus importante de correction lorsque on corrige exercice par exercice
3) SES : problème de la ventilation des copies

Points positifs relevés :

  • connaissance de sa moyenne par rapport à celle des autres correcteurs ;
  • annotation plus facile à intégrer signalée par une collègue (en contradiction avec d’autres voir ci-dessus) ;
  • formation jugée suffisante, lorsqu’elle a eu lieu ;
  • l’outil a été jugé simple et intuitif dans deux réponses au questionnaire.

Ces éléments ont été transmis au service pédagogique mais ne figurent pas dans le bilan de la dématérialisation présenté au CT. Le SNES-FSU continuera de poser cette question des examens au CT afin d’améliorer les conditions de travail des correcteurs. Une nouvelle enquête sera adressée aux collègues du Cône sud.