Situation dans les établissements de Centrafrique, du Mali, de la Mauritanie et du Niger

lundi 22 avril 2013
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Bangui – République centrafricaine

Un point sur la situation à Bangui, suite au coup d’état de mars dernier, avait été fait au dernier conseil d’administration de l’Agence (voir http://www.hdf.snes.edu/IMG/pdf/hdf_infos_10.pdf ).
La situation est loin de se calmer et au contraire a tendance à se détériorer. Des témoignages nous parviennent faisant état d’une situation incontrôlée dans la capitale centrafricaine avec de nombreux meurtres, violences et viols y compris contre des occidentaux.

Que fait l’Ambassadeur de France ? Que fait l’AEFE ? Ils temporisent.

Le lycée fermé actuellement devrait rouvrir le 13 mai prochain alors que récemment des balles sont tombées dans l’enceinte de l’établissement et que des enseignants ont quitté leur quartier devenu trop dangereux, livré aux pillards, et logent chez des collègues près de l’Ambassade de France.
Il faut que l’Ambassadeur prenne ses responsabilités avant qu’un drame n’ait lieu. Certaines entreprises françaises ont d’ailleurs évacué leurs employés expatriés. L’AEFE serait bien inspirée de suivre cet exemple en attendant que la situation se stabilise. Près de 80% des enseignants encore présents au lycée estiment que la réouverture de l’établissement n’est pas envisageable actuellement et que de forts doutes subsistent quant à son ouverture à la rentrée 2013.
Le SNES est bien sûr en contact régulier, tant avec les collègues qu’avec la direction de l’AEFE, sur la situation de cet établissement et des personnels.

BAMAKO - Grève des enseignants recrutés localement

Les personnels recrutés localement du Lycée Liberté à Bamako revendiquent depuis fin janvier 2012 une augmentation salariale pour :
- rattraper la non prise en compte d’une inflation importante au Mali depuis 4 ans.
- faire face à la précarité et aux conditions de vie difficiles imposées par le contexte.
Aujourd’hui, ils ont engagé un nouveau rapport de force qui a débuté par une grève unitaire le 28 mars. Le mouvement qui dure depuis 2 semaines est suivi à près de 80 % chez les enseignants recrutés localement. Malgré cela, le comité de gestion du Lycée Liberté ne prête pas oreille aux justes revendications des collègues.
Le Lycée répond pour l’instant que la « situation financière est fragile » mais il est inacceptable que les personnels fassent les frais des mauvaises gestions passées. Le SNES a depuis le début porté les revendications de ces collègues recrutés localement en parallèle à celles des détachés de l’établissement. L’agence a en partie écouté ces derniers au dernier arrêté de l’ISVL, il revient aujourd’hui à l’APE du lycée d’assumer cette situation et de tout mettre en œuvre pour procurer à ses personnels des conditions décentes et nécessaires à l’exercice de leurs fonctions.

Nouakchott – Lycée français Théodore Monod

A l’instar des enseignants résidents au Mali et au Niger, nos collègues de Mauritanie subissent une réelle dégradation de leur condition de vie et de travail en particulier depuis l’intervention militaire au Mali (nombreuses recommandations drastiques pour circuler dans la capitale, autorisations indispensables pour les déplacements en proche banlieue et interdictions de se déplacer en dehors de Nouakchott). Les enseignants (recrutés locaux comme résidents) du lycée Théodore Monod de Nouakchott, pourtant établissement en gestion directe, sont les grands oubliés de l’AEFE. Aucune compensation financière sur le dernier arrêté d’ISVL d’avril dernier. Aucune prime de circonstance pour les recrutés locaux contrairement à leurs homologues nigériens. La section SNES locale qui a alerté à plusieurs reprises les autorités et la direction de l’AEFE a reçu jusqu’à ce jour une fin de non recevoir. Un préavis de grève a d’ailleurs été déposé pour le 15 avril dernier et près de 80% des personnels tous statuts confondus ont manifesté leur mécontentement face à l’absence de considération et au manque de propositions de la part de la Directrice de l’Agence.
D’autre part, dans ce contexte extrêmement difficile où plusieurs postes de résidents sont encore vacants, l’AEFE s’offre le luxe de supprimer pour la rentrée prochaine un support d’expatrié en SVT sans que cette décision n’ait été discutée au comité technique de février dernier. Le SNES HDF suit ce dossier de près et interviendra lors des prochaines commissions.

NIAMEY – Lycée La Fontaine

L’AEFE répond aux revendications des enseignants (prime de circonstance versée d’un bloc aux recrutés locaux, revalorisation de l’ISVL pour les résidents) en annonçant une augmentation significative de près de 30% des ISVL. Cette ISVL fortement revalorisée permettrait le financement des « aérations » revendiquées par les collègues qui vivent cloîtrés à Niamey et sont tributaires des consignes de sécurité. Pour l’AEFE, le montant équivaut aux revendications des personnels car cette revalorisation exceptionnelle revient à 3000/4000 € par an, sur les groupes 5 et 6 d’ISVL. L’AEFE n’a pas de moyen technique de financer autrement les aérations, ce que conteste le SNES depuis le début.